Réponse courte : un binôme de fondateurs ne tient pas parce qu’il évite les désaccords, il tient parce qu’il les anticipe. Le conseil tient en trois points : choisir quelqu’un de complémentaire plutôt qu’un clone, garder chacun des domaines propres, et se faire confiance sur ces domaines-là. AlibeeZ est dirigé par le même binôme depuis 2014.

L’essentiel en 30 secondes

  • La base : le respect mutuel, et le fait de compter l’un sur l’autre.
  • La ressemblance utile : des caractères proches, mais chacun son style de travail.
  • La qualité citée : la persévérance.
  • Le mécanisme : pas de gros désaccords, non par évitement mais par anticipation.
  • Le conseil : choisir un complémentaire, pas un clone ; avoir ses domaines propres ; s’écouter, débattre, se faire confiance.

Anticiper n’est pas éviter

C’est la phrase la plus dense de la vidéo, et c’est aussi la plus contre-intuitive. Un binôme qui n’a jamais de conflit est en général un binôme où quelqu’un cède en silence, et cela finit toujours par se payer. Un binôme qui anticipe fait l’inverse : il traite la question avant qu’elle ne devienne un arbitrage, c’est-à-dire avant qu’elle n’ait un gagnant et un perdant.

Concrètement, cela suppose que les sujets structurants soient discutés quand ils sont encore théoriques (le rythme de recrutement, la politique tarifaire, la limite d’un engagement client) plutôt que le jour où une décision est due. La contrepartie est du temps passé à parler de choses qui n’urgent pas, ce qui est exactement ce qu’un dirigeant sous charge invisible n’a plus, comme le rappelle la vidéo sur la solitude du dirigeant.

Des domaines propres, plutôt qu’une co-décision permanente

« Ayez vos domaines propres » est une règle d’organisation autant qu’un conseil relationnel. Deux fondateurs qui codécident de tout créent un goulot d’étranglement sur chaque sujet, y compris les sujets où l’un des deux n’apporte rien. La répartition d’AlibeeZ en est un exemple simple : l’architecture technique d’un côté, l’expérience métier et financière de l’autre : voir Pourquoi AlibeeZ.

La complémentarité recherchée n’est donc pas une question de tempérament. C’est une question de périmètre : deux personnes qui savent faire la même chose doublent la profondeur sur un sujet et laissent tout le reste sans propriétaire.

Transcription de la vidéo

Transcription intégrale, légèrement corrigée pour la lecture.

Quand on a créé AlibeeZ avec Frédéric, on nous a souvent demandé : mais comment faites-vous pour travailler ensemble depuis si longtemps ? Eh bien c’est assez simple : déjà, on se respecte, on compte l’un sur l’autre, et puis on est heureux de bosser ensemble.

Nos caractères se ressemblent, mais on garde chacun notre style : on est travailleurs et on aime le travail bien fait. Notre plus grande qualité : la persévérance. Le plus drôle, c’est qu’on n’a jamais eu de gros désaccords, pas parce qu’on évite les sujets qui fâchent, mais parce qu’on anticipe énormément.

Si j’avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut entreprendre à deux, ce serait de choisir quelqu’un de complémentaire, pas forcément un clone. Ayez vos domaines propres, écoutez-vous, débattez, et surtout faites-vous confiance.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Faut-il choisir un associé qui nous ressemble ?

Sur les valeurs et le rapport au travail, oui ; sur les compétences, non. Le conseil donné dans la vidéo est de choisir quelqu’un de complémentaire plutôt qu’un clone : deux personnes fortes sur le même domaine laissent tout le reste de l’entreprise sans propriétaire.

Comment éviter les conflits entre cofondateurs ?

En traitant les sujets structurants avant qu’ils ne deviennent des arbitrages. Un désaccord discuté quand il est encore théorique n’a ni gagnant ni perdant ; le même désaccord tranché le jour où une décision est due en a toujours un.

Comment se répartir les rôles quand on fonde à deux ?

Par domaines clairement attribués, avec une vraie délégation à l’intérieur de chacun. La codécision permanente semble prudente mais crée un goulot d’étranglement sur tous les sujets, y compris ceux où l’un des deux n’apporte rien.