Alternatives à Boond : quelle boussole pour piloter la croissance de votre entreprise de service ?

Alternatives à Boond : quelle boussole pour piloter la croissance de votre entreprise de service ?

Quand une ESN passe en mode scale-up, elle rencontre presque toujours le même mur :

  • trop complexe pour Excel (fichiers multiples, définitions différentes, données écrasées) ;

     

  • trop agile pour les ERP “lourds” (process figés, paramétrage interminable, adoption difficile).

Résultat : un plafond de verre. Pas par manque de clients, ni par manque de talents… mais par manque de visibilité fiable sur le plan de charge, l’intercontrat, la rentabilité projet et le cash.

1. Le “chaos silencieux” qui freine la croissance

Au début, l’intuition du dirigeant suffit. Puis, à mesure que l’activité grossit, l’entreprise se retrouve avec :

  • une gestion de l’intercontrat qui se fait “au feeling” (bench subi plutôt que piloté) ;

  • des recrutements déclenchés trop tard (ou trop tôt) faute de prévisionnel solide ;

  • une rentabilité qui se découvre… quand il est déjà trop tard (fin de mois / clôture / audit).

La vraie question n’est pas “quel ERP choisir ?”
C’est : quel système vous donne une lecture actionnable de la réalité, chaque semaine ?

2. Le match des philosophies SI : “suite intégrée” vs “noyau central”

Il y a deux visions, très différentes, de ce que doit être l’outil de pilotage d’une ESN.

Option A — La suite intégrée (ex. Boond)

Boond (anciennement BoondManager) se positionne comme un ERP/CRM en SaaS conçu pour les ESN, centralisant plusieurs briques (commercial, staffing, projets, etc.).

Ce que ça apporte

  • Une expérience “tout-en-un” : moins d’outils à gérer, mise en route souvent plus directe.

  • Une logique de donnée unique (quand tout est bien tenu dans la même plateforme).

Le point de vigilance en scale-up

  • Dès que vous êtes déjà équipés en outils “best-in-class” (Jira, BI, ATS, CRM…), la question devient : interopérabilité.
    Boond propose aussi des connexions/automatisations via Zapier, ce qui peut répondre à certains scénarios.

Option B — Le “noyau central” orchestrateur (AlibeeZ)

AlibeeZ revendique une approche différente : un noyau central qui connecte, unifie et orchestre les flux (temps, staffing, finance, etc.), avec une logique d’intégrations et de connecteurs.

Ce que ça change

  • Vous gardez vos outils métier forts (ex. Jira côté delivery), tout en consolidant le pilotage.

  • Vous limitez les frictions de double saisie et les “vérités multiples”.

3. Le vrai juge de paix : régie vs forfait (et la logique ETC / “reste à faire”)

La rentabilité se pilote différemment selon le modèle :

  • En régie, le risque principal, c’est l’activité (taux d’occupation) et la facturation.

  • En forfait, le risque, c’est l’écart entre le prévu et le réel (dérive de charge, marge qui fond).

La boussole clé sur le forfait, c’est l’ETC (Estimate To Complete), autrement dit le “reste à faire” :

Sans une estimation vivante du travail restant, vous pouvez suivre le temps consommé… sans voir la marge réelle.

À vérifier dans votre outil (quel qu’il soit)

  • Est-ce que le “reste à faire” est simple à mettre à jour ?

  • Est-ce qu’il y a un historique (pour repérer les dérives) ?

  • Est-ce que la donnée nourrit des alertes (marge qui dérape, budget consommé trop vite, etc.) ?

4. Du temps passé au cash : réduire le Time-to-Cash (et protéger le BFR)

En croissance, la trésorerie n’est pas un sujet “finance” : c’est un sujet survie.

Le levier n°1 est souvent le Time-to-Cash : le temps entre :

  • le travail réellement produit,

  • la validation,

  • la facture,

  • l’encaissement.

Et ça devient encore plus structurant avec la généralisation de la facturation électronique :

  • 1er septembre 2026 : toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques ; les grandes entreprises et ETI doivent aussi émettre.

  • 1er septembre 2027 : obligation d’émission étendue aux PME et micro-entreprises.

Traduction opérationnelle : vos workflows de CRA/validation/facturation doivent être fluides, sinon le BFR gonfle mécaniquement.

5. L’indicateur “prudence” : la Perte à Terminaison (PAT)

Sur les contrats longs, le pilotage ne doit pas seulement “rassurer” : il doit être prudent.

Quand le résultat estimé à terminaison devient négatif, le PCG prévoit des exigences de suivi et d’information, notamment sur les provisions pour pertes à terminaison.

Concrètement, la PAT sert à :

  • détecter la perte dès qu’elle est probable (pas à la fin),

  • provisionner et arbitrer plus tôt (périmètre, staffing, renégociation, gouvernance).

6. Syntec et scalabilité internationale : conformité + expansion

Syntec / Forfait jours

Un point très concret pour beaucoup d’ESN : la gestion du forfait jours et des règles Syntec.
Depuis 2024, l’accès au forfait jours a été ouvert à la position 2.3, sous conditions (notamment de rémunération).

International

Si vous avez (ou visez) des filiales, la gestion multi-devises / multi-taxes / multi-entités devient non négociable.
AlibeeZ  est utilisé dans plus de 20 pays et met en avant ces modules internationaux.

Conclusion : piloter par la donnée, pas par l’instinct

La croissance d’une entreprises de service ne se pilote plus à l’intuition : elle se pilote avec des indicateurs comme l’activité “nettoyée” des congés (ex. TACE – Taux d’Activité Congés Exclus).

Mini-checklist pour trancher (AlibeeZ, Boond… ou autre)

  • Mon SI est-il pensé comme une suite unique, ou comme un système orchestré ?

  • Puis-je piloter le forfait avec un vrai reste à faire (simple, historisé, exploitable) ?

  • Ai-je un Time-to-Cash optimisé (CRA → validation → facture → encaissement) ?

  • Suis-je prêt pour les échéances facturation électronique 2026–2027 ?

  • Puis-je sécuriser la PAT sur les contrats longs ?

  • Les intégrations (Jira / BI / ATS / CRM) sont-elles natives, robustes, maintenables ?

  • Est-ce que l’outil suit la croissance (multi-entités / international) ?

Question finale : votre outil actuel est-il un accélérateur de rentabilité… ou le prochain frein à votre expansion ?